Brève description de l’intérêt architectural et urbain du Luxembourg.

Seul un territoire à l’intersection des monde latin et germanique et ayant été pendant des siècles le terrain de convoitises pour les Bourguignons, les Espagnols, les Français, les Autrichiens et les Prussiens peut représenter un véritable creuset d’architecture européenne. Ce caractère est encore renforcé par l’absence d’une université ou école d’architecture. Tous les bâtisseurs on du suivre leurs études à l’étranger. Pays d’immigration en 2013, avec en moyenne nationale 42 % d’étrangers et pour la capitale même 65 % de résidents étrangers, le brassage culturel est manifeste et représente quelque 150 nationalités. Ce côté multiculturel porte une empreinte très forte sur l’identité visuelle de l’espace. Les grands noms d’architectes internationaux d’hier comme d’aujourd’hui se mêlent donc à une scène nationale et autochtone ayant subie les influences de leurs pays de formation. C’est une caractéristique du pays et de sa capitale (agglomération 150.000 h) en particulier.
Pendant des siècles, le Luxembourg cultive une architecture qui se fonde sur les conditions climatiques, topographiques et matérielles.

Palais de l'ARBED

Le traité de Londres de 1867 qui déclare le Grand-Duché comme pays politiquement neutre, et qui exige le démantèlement de la forteresse marque un tournant décisif dans l’histoire de l’urbanisme et de l’architecture. La ville de Luxembourg se transforme en ville ouverte, se  cherche une nouvelle vocation et doit offrir une nouvelle qualité de vie à ses (nouveaux) habitants. Pour la première fois dans son histoire, Luxembourg se dote d’un plan d’aménagement général. En parallèle naissent les villes industrielles au sud du pays, riche en minerai de fer. Un urbanisme de type différent et de nouvelles formes d’habitat sont définies pour les différentes classes sociales. L’éclectisme de styles foisonne, l’Art Nouveau est accueilli sans réserve.
Au milieu des années vingt, de jeunes architectes s’intéressent aux idées du Bauhaus. Le grand public se familiarise avec l’architecture moderne en 1929, à l’occasion de l’exposition Wie wohnen? (Comment habiter ?) organisée  par le Service des Logements Populaires. Le modernisme triomphe avec les grands magasins « Hertz-Grunstein, A la Bourse, Meta-Brahms et Sternberg, le cinéma Ecran. Dominikus Böhm, Otto Bartning, Fritz Nathan, Alain Bourbonnais et Sir Denys Lasdun ont laissé à leur tour des interventions de qualité.
Fritz Nathan
 
En 1952, Luxembourg devient la capitale de la Communauté Européenne  du Charbon et de l’Acier. Cette ouverture sur le monde  entraîne une promotion plus large du modernisme, faisant l’étalage de l’acier et du béton coulé, produits au niveau local ou communautaire. Des concours d’architecture traduisent le désir de vouloir s’affirmer par un nouvel langage formel. En 1958 les architectes René Mailliet et Georges Reuter conçoivent un pavillon moderniste pour représenter le Grand-Duché de Luxembourg à l’Exposition Universelle de Bruxelles. Le mouvement des iconomaques, promouvant l’art abstrait, devient rapidement un allié de l’architecture moderne.  Le siège administratif des Chemins de Fer Luxembourgeois (1958) par C. Dietrich, Camille Frieden et Constant Gillardin, ainsi que la nouvelle gare de passagers d’Esch-sur-Alzette de N. Lutz, P. Reuter, N. Schmit-Noesen et L. Schmit présentent des compositions, détails et matériaux nouveaux. Le Nouvel Athénée des architectes L. Schmit, N. Schmit-Noesen et P. Graach, sélectionnés au terme d’un concours en 1958, convainc par son jeu variable avec des volumes sur pilotis. Les travaux du Lorrain Jean Prouvé trouvent un large écho.

Direction CFL
Le modernisme international de l’après-guerre est peu à peu supplanté par le brutalisme. Par son emplacement, volumétrie, le recours aux éléments préfabriqués et l’ostentation du béton brut, l’immeuble devient une sculpture dans l’espace. Tetra, un bureau fondé par quatre jeunes architectes est le plus important représentant de ce courant au Luxembourg. Mais c’est surtout la Maison Dickes, construite en 1973 par Rob Krier dans la banlieue pavillonnaire de Bridel, qui fera date. Ce bâtiment introverti, imprégné des idées de Le Corbusier, devient un objet de référence.
En tant que partenaire de la Werkgemeinschaft Karlsruhe, Carlo Kerg, élève d’Egon Eiermann, dessine la maison de retraite à Esch-sur-Alzette (1976) qui se disingue par son toit en forme de tremplin. Des auvents et stores protègent les balcons des intempéries et des regards indiscrets.
Vers 1970 Jean Petit dessine le premier bâtiment postmoderne, mais reste placée sous l’influence de Robert Venturi. Les architectes J. Goedert et C. Schmitz prennent une position de pionnier dans la construction écologique : leurs maisons d’habitation portent notamment l’influence des collectifs d’architecture du Vorarlberg.
En 1982, les jeunes architectes Decker, Lammar, Massard (A+U), remportent le concours pour la construction  du Lycée Technique de Bonnevoie. Lammar et Massard ont étudié à Nancy et sont en contact avec l’université de Venise. Leur projet est influencé par l’École tessinoise autour de Mario Botta.

Centre Emile Hamilus

Le traité d’Edinbourg fixant définitivement plusieurs institutions européennes à Luxembourg et le développement de la place financière internationale, apportent un nouvel essor à la qualité architecturale.
De grands noms d’architectes et urbanistes reconnus mondialement viennent occuper la scène: Gottfried Böhm, Richard Meier, Atelier5, Wilhelm Kücker, Arquitectonica, Norman Foster, Christian de Portzamparc, Jaspers & Eyers, Pierre van den Broecke, Dominique Perrault, Michel Desvigne, Peter Latz, Roger Taillibert, I.M. Pei, Christophe Ingenhoven.





Kirchberg

Parmi les avant-gardistes autochtones on compte Christian Bauer et partenaires réalisant le Musée National d’Histoire et d’Art, Metaform construit la passerelle piétonne à Esch-sur-Alzette, Jim Clemes la gare de Belval-Université, François Valentiny signent le pavillon luxembourgeois à  l’Expostion universelle à Shanghai en 2010, Robert Krier conçoit la Cité judiciaire au plateau du St Esprit à Luxembourg.





Particularities in Architecture and Town Planning in Luxembourg                                                              EN


A geographically intermediate position between German and Latin universes, and as a strategic corridor for Burgundies, Spaniards, French, Austrians, and Prussians, Luxembourg was designated to become a cultural and architectural melting pot. This vocation had been boosted by the fact that all architects and planners had to study abroad (Luxembourg does not offer any high school or higher education in architecture). Known for its large immigrant population, foreigners represent in 2013 some 42% of the total population. Resident aliens compose more than 65% of the population in the capital. Originating from some 150 nations, the cultural mixture is always evident and characterizes public spaces. The most well known international architects have enriched the local scene for several centuries. All these influences are perceptible and give a particular charm to Luxembourg and its capital (Large Urban Zone 150.000h).

During the past, Luxembourg’s architecture respected the conditions of climate, topography, and local materials.

In 1867, the Treaty of London recognized Luxembourg as a neutral state. It also requested the ancient fortress be dismantled. This decision boosted urban planning and architecture that was henceforth considered as way of living. Luxembourg had to develop new visions of its future and strategies to attract new settlers. For the first time in its history, the capital defined its own city planning! At the same time, industrial towns were emerging in the southern part of the country. The exploitation of ore was at the origin of this development. A specific kind of town planning and architecture responded to the expectations of the different social categories. You will notice there is a large adherence to eclecticism and Art Nouveau.

During the 1920s, several young architects picked up the new ideas of Bauhaus. The large exhibition ‘Wie wohnen?’ on modern housing brought modern architecture into thepopular consciousness in 1929. Modernism strikes on the main commercial streets in the City Center. Department stores like Hertz-Grunstein, A la Bourse, Meta-Brahms, and Sternberg, or the cinema Ecran, are impressive witnesses of this period. Dominikus Böhm, Otto Bartning, Fritz Nathan, Alain Bourbonnais, and Sir Denys Lasdun have left their influence on architecture.

In 1952 Luxembourg’s new role as the capital of the European steel and coal community enhanced a change of minds. Modernism progressed and proudly demonstrated the beauty and capacity of new national or communitarian materials, such as concrete in tension and glass. Competitions were organized to demonstrate a new architectural language. In 1958 the architects René Mailliet and Georges Reuter developed a modern pavilion for the World Exhibition in Brussels. The iconomaques strived for the promotion of abstract art, especially in architecture. The head office of the national railway company (1958), designed by C. Dietrich, Camille Frieden, and Constant Gillardin, and the new station in Esch-sur-Alzette, designed by N. Lutz, P. Reuter, N. Schmit-Noesen, and L. Schmit, are distinguished by their use of new materials and composition. The school building Athénée by the architects L. Schmit, N. Schmit-Noesen, and P. Graach, winners of a competition organized in 1958, is striking because of its free composition of volume resting on simple beams. The ironwork of Jean Prouvé was accepted widely.

Brutalism gradually replaces modernism after World War II. The selection of the site, the authorized volume, the application of prefabricated members, and the exhibition of concrete in tension made a sculpture of a building, shaping its environment. Four young architects founded the office Tetra. They were the most representative of this movement. Rob Krier built in 1973 the mansion Dickes, in the Bridel suburb of the capital. The influence of Le Corbusier is apparent.

As a partner of the Werkgemeinschaft Karlsruhe, Carlo Kerg, a student of Egon Eiermann, conceived the retirement home in Esch-sur-Alzette (1976). The roof reminding one of a trampoline and the shelters are particular to this work, protecting residents from indiscreet glances.

Around 1970 Jean Petit designed Luxembourg’s first postmodern building. The influence of Robert Venturi is still apparent. The architects J. Goedert and C. Schmitz became pioneers in sustainable architecture. Their influence can be noticed in hoses in Voralberg.

In 1982, the team of young architects including Decker, Lammar, Massard (A+U) built the Lycée Technique de Bonnevoie. They were the winners of a specific competition. Lammar and Massard had studied in Nancy and had contacts with the University of Venice. The influence of Mario Botta may be felt.

The Treaty of Edinburgh definitively fixed several European institutions in Luxembourg and helped to convert the grand-ducal capital into an international finance market. This development boosted the quality of the architecture. The real estate market was then dominated by international architects such as Gottfried Böhm, Richard Meier, Atelier5, Wilhelm Kücker, Arquitectonica, Norman Foster, Christian de Portzamparc, Jaspers & Eyers, Pierre van den Broecke, Dominique Perrault, Michel Desvigne, Peter Latz, Roger Taillibert, I. M. Pei, and Christophe Ingenhoven. Among the local protagonists, Christian Bauer & Partners designed the National Museum of Art and Hitory, Metaform built the bond bridge in Esch-sur-Alzette, and Jim Clemes created the station at the Belval-Université campus, while François Valentiny designed the national pavilion at the World Exhibition in Shanghai (2010). Robert Krier planned the Cité judiciaire at Plateau du St. Esprit in Luxembourg.


Informations


Langues: L, F,D au choix
Durée: 90 minutes, demi-journée, journée entière
Prix:suivant prestation (voir offres ci-dessous)
Organisation de tours sur' demande
réservation: info@histoireurbaine.eu Tel 00352 / 44 49 29 / Fax 00352 / 26 44 09 59 GSM 621 21 54 24

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